A l’origine de cette séance singulière, Cédric Altherr, kiné du club de basket de Rueil (N 1), vérifie que ses caméras sont bien « calibrées » dans l’espace.

Muni d’un cardiofréquencemètre et vêtu d’une drôle de combinaison, Corosine, lui, multiplie les shoots à la demande des scientifiques. Cette « armure » — dotée d’une vingtaine de capteurs, qui le couvre de la tête aux pieds et dont le coût est estimé à 50 000 € — décortique et enregistre en temps réel tous les gestes du sniper de Nanterre. Un autre champion deFrance 2013, Marc Judith, participe à la séance.


Marc Judith visionne sa silhouette en 3D sur l'ordinateur
Marc Judith visionne sa silhouette en 3D sur l’ordinateur

Xavier Corosine enclenche son tir
Xavier Corosine, Capitaine de la JSF Nanterre, enclenche son tir

Ce mercredi matin, le palais des sports Maurice-Thorez, transformé en laboratoire, est le théâtre d’une expérience particulière. Elle sert de base au mémoire que Cédric Altherr doit rendre fin juin à la fac de Nanterre.

« Au final, il y aura des milliers de données, il faut donc savoir ce qu’on veut vraiment analyser, si c’est la phase de préparation du tir ou celle du lancer, explique cet étudiant peu ordinaire. Une étude explique qu’un joueur de grande taille est avantagé pour dessiner la parabole idéale, mais est-ce vrai ? Pour l’instant, on a retenu la vitesse de la main, de l’avant-bras, la détente verticale et les écartements des pieds. Notre idée de départ ne sera sans doute pas celle de conclusion. Cela montre bien l’intérêt. »

Pour son expérimentation, Cédric Altherr a pu s’appuyer sur les moyens de l’Insep (le réputé Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) et le savoir de Jean Slawinski, son tuteur. Cet ancien membre de la cellule scientifique du Team Lagardère a décortiqué les frappes de balle des tennismen Richard Gasquet et Gaël Monfils ou les sprints de l’athlète Muriel Hurtis… « C’est un mémoire sur la position du tir idéal, pour savoir si une belle gestuelle est synonyme d’efficacité, poursuit Altherr. Le geste du joueur ne peut pas être systématiquement reproduit à l’identique à cause de différentes variables. Nous avons choisi d’étudier l’effet de la fatigue. Au-delà de l’efficacité, mon but est surtout la prévention des blessures, éviter que le geste soit trop traumatisant. En France, on recherche la performance parfois au détriment de l’athlète et de sa santé. A terme, j’aimerais créer un labo sur l’étude et la santé des sportifs. »

Julien Lesage. «Basket: à Nanterre, on décortique le tir». Le Parisien [En ligne]. (30 Mai 2014, 07h00), page 24. Lien de l’article : Basket: à Nanterre, on décortique le tir